{"id":91,"date":"2026-03-04T12:51:32","date_gmt":"2026-03-04T12:51:32","guid":{"rendered":"https:\/\/benlutonacademy.com\/?p=91"},"modified":"2026-03-04T20:36:50","modified_gmt":"2026-03-04T20:36:50","slug":"lafrique-et-le-developpement-font-ils-un-sacre-couple-infernal","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/benlutonacademy.com\/?p=91","title":{"rendered":"L\u2019AFRIQUE ET LE DEVELOPPEMENT FONT-ILS UN SACRE COUPLE INFERNAL\u00a0?"},"content":{"rendered":"\n<p>Par Fiston MUMBERE LUSENGE<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Pourquoi, riche comme elle est de cultures, de dynamismes, d\u2019in\u00e9puisables cr\u00e9ativit\u00e9s, de mati\u00e8res premi\u00e8res et d\u2019espace, pourquoi l\u2019Afrique tarde-t-elle tant \u00e0 entrer dans le d\u00e9veloppement ? Pourquoi tant de guerres locales, tant de maladies, tant d\u2019analphab\u00e9tisme, tant de cruaut\u00e9s d\u2019un autre \u00e2ge envers les femmes ? Pourquoi tant de mauvais dirigeants, pilleurs des ressources nationales ? Pourquoi tant de corruption ? Pourquoi les \u00ab \u00e9lites \u00bb croient-elles si peu en l\u2019Afrique qu\u2019elles s\u2019empressent d\u2019aller investir ailleurs l\u2019argent gagn\u00e9 sur place ? Colbert aussi m\u00e9langeait volontiers le Tr\u00e9sor public et sa cassette personnelle. Mais les sommes ainsi d\u00e9tourn\u00e9es ne servaient qu\u2019\u00e0 faire cro\u00eetre la France. Pourquoi ce retard de l\u2019Afrique ? Mal\u00e9diction ou refus visc\u00e9ral de notre modernit\u00e9 ?&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\">[1]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019y a pas de plus apaisant qu\u2019en science de rencontrer une question d\u00e9j\u00e0 \u00e9tudi\u00e9e. Ce questionnement de Erik Orsenna est pour moi une rencontre d\u2019esprits. Normalement, comme scientifique, la t\u00e2che m\u2019est d\u00e9j\u00e0 facilit\u00e9e. Ma probl\u00e9matique est on dirait d\u00e9j\u00e0 cern\u00e9e par Moussa Konate&nbsp;; d\u2019ailleurs c\u2019est son ouvrage que j\u2019allais \u00e9crire pour le fait qu\u2019il aborde la question de l\u2019Afrique dans le sens que j\u2019ai toujours voulu. Le voil\u00e0 venir avant moi heureusement&nbsp;; et il m\u00e9rite ma reconnaissance. &nbsp;Et mon bonheur, c\u2019est qu\u2019en philosophie tout est relatif, et qu\u2019aucune v\u00e9rit\u00e9 n\u2019est absolue. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>A propos de l\u2019ouvrage de Moussa Konate \u00ab&nbsp;L\u2019Afrique noire est-elle maudite&nbsp;?&nbsp;\u00bb, je me colle un peu \u00e0 c\u00f4t\u00e9 et je taille une bavette. Hep&nbsp;! C\u2019est l\u00e0 que c\u2019est la peine pour moi de continuer de creuser le probl\u00e8me de l\u2019Afrique en partant du m\u00eame questionnaire de Erik Orsenna. La complexit\u00e9 de la question est ici beaucoup trop vaste que la simplicit\u00e9 de la r\u00e9ponse \u00e0 lui donner. Mais pourquoi, oui pourquoi, et pourquoi l\u2019Afrique&nbsp;? L\u2019Afrique et le d\u00e9veloppement sont apparemment un sacr\u00e9 couple infernal\u2026&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9j\u00e0 au d\u00e9part, me voici parler comme Moussa Konate&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le probl\u00e8me de l\u2019Afrique noire est mon probl\u00e8me&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\">[2]<\/a>&nbsp;; me voici aussi penser comme Erick Orsenna&nbsp;: l\u2019Afrique&nbsp;: \u00ab&nbsp;Affaire de solidarit\u00e9&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\">[3]<\/a>. Afrique sub-saharienne comme mon probl\u00e8me, Afrique sub-saharienne comme affaire de solidarit\u00e9&nbsp;; telle est la ligne qui conduit dans cet article mon philosoph\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>De quel probl\u00e8me s\u2019agit-il&nbsp;pr\u00e9cis\u00e9ment du moment que parler de l\u2019Afrique, fait appel \u00e0 tous les domaines scientifiques&nbsp;; et par cons\u00e9quent un seul domaine scientifique ne peut pr\u00e9tendre le r\u00e9soudre sans heurter au dialogue interdisciplinaire. Je parlerai de l\u2019Afrique en tant que philosophe, et mon probl\u00e8me est celui du philosophe. D\u00e9j\u00e0 Bertrand Hussell essaie de pr\u00e9ciser le genre de probl\u00e8mes qui int\u00e9ressent les \u00e9tudes philosophiques: la connaissance. \u00ab&nbsp;Existe-t-il au monde une connaissance dont la certitude soit telle qu\u2019aucun homme raisonnable ne puisse la mettre en doute ?&nbsp;\u00bb <a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\">[4]<\/a>. Pour faire court, notre questionnement ne suit pas l\u2019opinion non-philosophique retrouv\u00e9 dans la vie quotidienne o\u00f9 tout le monde, pris au pi\u00e8ge de la contradiction, s\u2019interroge d\u2019une part au sujet de la crise de l\u2019Afrique et d\u2019autre part au sujet de la crise en Afrique.<\/p>\n\n\n\n<p>Est-ce que l\u2019Afrique est une crise&nbsp;? Y a-t-il de crises en Afrique&nbsp;? Bref, cet article r\u00e9pond \u00e0 ces deux questions. Il niera ou affirmera que l\u2019Afrique soit une crise, l\u2019id\u00e9e m\u00eame ressortit dans le titre de Moussa Konate cit\u00e9 ci-haut. Il dira par la suite pourquoi l\u2019Afrique est en crise, et comment s\u2019en sortir&nbsp;; cela \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un amateur essayiste.<\/p>\n\n\n\n<ol style=\"list-style-type:upper-roman\" class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>LA MAL\u00c9DICTION DE L\u2019AFRIQUE \u00c9TERNELLEMENT B\u00c9NIE<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p>Le probl\u00e8me de l\u2019Afrique, est-ce un probl\u00e8me d\u2019\u00e9volution de soci\u00e9t\u00e9 auquel sont confront\u00e9s tous les peuples ou un probl\u00e8me de d\u00e9veloppement global&nbsp;? Or, qui dit soci\u00e9t\u00e9, dit l\u2019histoire d\u2019un peuple&nbsp;; qui dit d\u00e9veloppement, voit un \u00eatre humain. Supposons comme vraie ce qui suit&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;\u2026.l\u2019Afrique noire est mal partie, les politiques \u00e9conomiques mises en \u0153uvre par les Noirs africains sont incoh\u00e9rentes, donc porteuses d\u2019\u00e9chec, l\u2019aide ext\u00e9rieure n\u2019a pas toujours \u00e9t\u00e9 bien orient\u00e9e ni honn\u00eate, la corruption et le client\u00e9lisme freinent toute marche vers le d\u00e9veloppement\u2026&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn5\" id=\"_ftnref5\">[5]<\/a>. Admettons que l\u2019Afrique noire soit mal partie. D\u00e9j\u00e0 son ind\u00e9pendance donne \u00e0 penser. Sans revenir sur la traite de noirs, ni sur la colonisation voire r\u00e9veiller Senghor, la n\u00e9gritude, le panafricanisme, Hegel ou le regard de l\u2019occident depuis la Renaissance, parce qu\u2019ailleurs aussi la colonisation fut une r\u00e9alit\u00e9 \u2500 le cas des autres continents, mais aujourd\u2019hui soi-disant d\u00e9velopp\u00e9s \u2500, tout semble partir de la politique et de la philosophie \u00e9trang\u00e8res de l\u2019\u00e9poque sur le continent africain ou sur l\u2019homme africain.<\/p>\n\n\n\n<p>Soyons clairs l\u00e0-dessus. En ne revenant pas sur la traite de noirs, ni sur la colonisation, je consid\u00e8re qu\u2019il y a beaucoup de penseurs qui, justement s\u2019en servent pour parler de la mal\u00e9diction ou de la b\u00e9n\u00e9diction de l\u2019Afrique. Lisez par exemple Antoine Glaser et Stephen Smith<a href=\"#_ftn6\" id=\"_ftnref6\">[6]<\/a>, Axelle Kabou<a href=\"#_ftn7\" id=\"_ftnref7\">[7]<\/a>, Achille Mbembe<a href=\"#_ftn8\" id=\"_ftnref8\">[8]<\/a>, Fanny Pigeaud et Ndongo Samba Sylla<a href=\"#_ftn9\" id=\"_ftnref9\">[9]<\/a>, Collete Braeckman<a href=\"#_ftn10\" id=\"_ftnref10\">[10]<\/a>, Jean Yves La voie<a href=\"#_ftn11\" id=\"_ftnref11\">[11]<\/a>, Maurice Delafosse<a href=\"#_ftn12\" id=\"_ftnref12\">[12]<\/a>, la collection dirig\u00e9e par Louis Favreau et Abdou Salam Fall<a href=\"#_ftn13\" id=\"_ftnref13\">[13]<\/a>, le document de l\u2019UNESCO sur l\u2019Afrique<a href=\"#_ftn14\" id=\"_ftnref14\">[14]<\/a>, \u2026, pour ne citer que ceux-ci.<\/p>\n\n\n\n<p>Comment se passer de la r\u00e9alit\u00e9 du n\u00e8gre de maison et du n\u00e8gre de champ&nbsp;?<a href=\"#_ftn15\" id=\"_ftnref15\">[15]<\/a> Comment oublier la mani\u00e8re par laquelle se faisait la promotion de la civilisation occidentale&nbsp;en Afrique? On dira&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u2026les cultures africaines sont un obstacle majeur au d\u00e9veloppement de l\u2019Afrique noire&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn16\" id=\"_ftnref16\">[16]<\/a>. C\u2019est ici qu\u2019il faut parler en termes de mal\u00e9diction. Autant dire que l\u2019Afrique a \u00e9t\u00e9 entra\u00een\u00e9e ou hypnotis\u00e9e \u00e0 son enfer actuel, que de dire qu\u2019elle est en enfer de par son g\u00e8ne. La question du r\u00e9f\u00e9rentiel se pose. Lorsque sont condamn\u00e9es les valeurs de l\u2019Afrique traditionnelle, la cons\u00e9quence est cette Afrique actuelle. L\u2019africain a \u00e9t\u00e9 frustr\u00e9, ce qui explique la migration vers l\u2019occident. &nbsp;Son psychologue au lieu de le soigner, il l\u2019a davantage frustr\u00e9. De cette frustration, l\u2019Afrique a la maladie de nier son identit\u00e9. Qui doit la gu\u00e9rir&nbsp;? Celui qui l\u2019a mise dans cet \u00e9tat? Voil\u00e0 l\u2019ampleur du probl\u00e8me.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette compr\u00e9hension psychologique \u00e9claire mon discours philosophique qui pose la question&nbsp;pourquoi le couple Afrique et d\u00e9veloppement? Par-ci, par-l\u00e0 dans la pens\u00e9e de Cheik Anta Diop, o\u00f9 par compr\u00e9hension, l\u2019occident n\u2019avait fait que bannir le sens du d\u00e9veloppement tel que compris dans l\u2019entendement de l\u2019africain; tout cela en faveur de la promotion de la culture occidentale<a href=\"#_ftn17\" id=\"_ftnref17\">[17]<\/a>. A contrario, Benoit Okolo Okonda, comme pas possible, y revient sous une autre forme. A partir de Hegel, de qui la dialectique du ma\u00eetre et de l\u2019esclave place l\u2019Afrique loin de l\u2019esclave, on peut philosopher pour reconstruire une nouvelle identit\u00e9 africaine.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Africain, dit Benoit Okolo Okonda, \u00ab&nbsp;vit une crise \u00e0 la fois mat\u00e9rielle et spirituelle. Au-del\u00e0 du sous-d\u00e9veloppement, il \u00e9prouve un malaise identitaire, \u00e0 cheval entre une culture, tant\u00f4t ni\u00e9e tant\u00f4t exhib\u00e9e \u00e0 grand renfort de discours et d&#8217;expositions, et une culture \u00e9trang\u00e8re admir\u00e9e et dominante&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn18\" id=\"_ftnref18\">[18]<\/a>. Sans beaucoup tergiverser sur l\u2019id\u00e9alisme allemand, pour Okolo Okonda \u00ab&nbsp;Au-del\u00e0 de Hegel, c&#8217;est mon destin, c&#8217;est le destin de l&#8217;Afrique qui re\u00e7oit une lumi\u00e8re particuli\u00e8re&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn19\" id=\"_ftnref19\">[19]<\/a>. Pour comprendre, il sied de revenir sur le syst\u00e8me philosophique h\u00e9gelien.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019esprit \u00e9tant \u00e0 la base de tout changement dans le monde, celui qui l\u2019y conduit \u00e0 travers un mouvement vers la progression, est repr\u00e9sent\u00e9 par un travail de transformation. Hegel le dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;En v\u00e9rit\u00e9, l&#8217;esprit ne se trouve jamais dans un \u00e9tat de repos,\u2026&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn20\" id=\"_ftnref20\">[20]<\/a>. C\u2019est peut-\u00eatre pour cela que B. Okolo Okonda cherche \u00e0 construire l\u2019identit\u00e9 africaine \u00e0 partir de Hegel. Int\u00e9ressant pour nous, parce que cette construction signifie que l\u2019Afrique soit a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truite, soit n\u2019est pas encore construite. Et, de plus int\u00e9ressant, c\u2019est lorsque Okolo Okonda fait appel \u00e0 l\u2019identit\u00e9 distributive et l\u2019identit\u00e9 narrative, ce qui pourrait \u00eatre une id\u00e9e d\u2019un destin responsable et ouvert<a href=\"#_ftn21\" id=\"_ftnref21\">[21]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est-\u00e0-dire, \u00ab&nbsp;Lorsque I \u2018histoire et la conscience de l&#8217;histoire sont le lot de l&#8217;appara\u00eetre singulier et \u00e9pisodique de l&#8217;Esprit, l&#8217;identit\u00e9 des peuples est soumise \u00e0 une distribution historique et g\u00e9ographique contraignante, compl\u00e8tement arr\u00eat\u00e9e&nbsp;partout et toujours, l\u2019histoire et la conscience portent leur propre n\u00e9gation et ne constituent en fait que les expressions de la ruse de l&#8217;Esprit. Et de l\u00e0, les identit\u00e9s sont fig\u00e9es, momifi\u00e9es&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn22\" id=\"_ftnref22\">[22]<\/a>. Pour comprendre de mani\u00e8re banale mais pratique cette citation, c\u2019est la compr\u00e9hension de la diff\u00e9rence que fait la langue anglaise entre \u00ab&nbsp;story&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;history&nbsp;\u00bb. La conscience historique fonde de paradigmes. C\u2019est cela l\u2019histoire. E. Patrice Lumumba le savait en disant&nbsp;:&nbsp;&nbsp;\u00ab&nbsp;L\u2019histoire dira un jour son mot, mais ce ne sera pas l\u2019histoire qu\u2019on enseignera \u00e0 Bruxelles, \u00e0 Washington, \u00e0 Paris ou aux Nations-Unies, mais celle qu\u2019on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et de ses fantoches. L\u2019Afrique \u00e9crira sa propre histoire et elle sera au nord et au sud du Sahara une histoire de gloire et de dignit\u00e9&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn23\" id=\"_ftnref23\">[23]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut transcender le temps historique. L\u2019esprit h\u00e9g\u00e9lien s\u2019impose dans toute l\u2019histoire de mani\u00e8re critique tout en restant le m\u00eame. Ce qui fait aboutir aux Lumi\u00e8res en ce qui concerne l\u2019<em>Aufkl\u00e4rung <\/em>o\u00f9 il faut, au dire de Kant, oser penser par soi-m\u00eame<a href=\"#_ftn24\" id=\"_ftnref24\">[24]<\/a>.&nbsp; En fin de compte, dans V\u00e9rit\u00e9 et m\u00e9thode, Gadamer analyse la d\u00e9pr\u00e9ciation des pr\u00e9jug\u00e9s. Car avec cette logique, la tradition est mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart. Il se constate l\u2019impossibilit\u00e9 de la valeur absolue de la tradition \u00e9crite dont la v\u00e9rit\u00e9 d\u00e9pend de la cr\u00e9dibilit\u00e9 que lui accorde la raison<a href=\"#_ftn25\" id=\"_ftnref25\">[25]<\/a>. Gadamer en faisant cette analyse essaie de rappeler aux Lumi\u00e8res et aux romantiques allemands un aspect \u00e0 consid\u00e9rer, celui de la conscience historique.<\/p>\n\n\n\n<p>Certes, Okolo, en se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 l\u2019identit\u00e9 narrative, constate que \u00ab&nbsp;Les dominations et les servitudes apparaissent comme les fruits d&#8217;une irr\u00e9cusable fatalit\u00e9. Le d\u00e9veloppement impossible ou simplement illusoire. Les identit\u00e9s se pr\u00e9sentent comme des r\u00e9alit\u00e9s m\u00e9taphysiques, elles sont des substances inamovibles, \u00e9ternelles.\u00bb<a href=\"#_ftn26\" id=\"_ftnref26\">[26]<\/a>. D\u00e9j\u00e0 aujourd\u2019hui demander \u00e0 l\u2019Afrique noire de revenir sur sa tradition est beaucoup lui demander, d\u2019autant que par exemple pour un probl\u00e8me de l\u2019ordre diplomatique, la palabre africaine n\u2019y peut pas grand-chose. Par rapport \u00e0 l\u2019\u00e8re actuelle, elle pr\u00e9sente beaucoup de limites. Toutefois, admettons que \u00ab&nbsp;le savoir des Blancs est digne d\u2019admiration, mais pas leur mod\u00e8le de soci\u00e9t\u00e9&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn27\" id=\"_ftnref27\">[27]<\/a>. En parlant de l\u2019intellectuel africain, l\u2019esprit comme on aime dire, de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 la solidarit\u00e9&nbsp;; \u00ab&nbsp;Malheureusement, parce que l\u2019Afrique noire des \u00ab intellectuels \u00bb manque cruellement de pens\u00e9e, l\u2019imitation de l\u2019Occident semble \u00eatre le seul programme des nouveaux ma\u00eetres du continent&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn28\" id=\"_ftnref28\">[28]<\/a>&nbsp;; en accord avec Moussa Konate, \u00ab&nbsp;\u2026, \u00e0 quel d\u00e9veloppement peuvent pr\u00e9tendre des pays dont la jeunesse est \u00e9lev\u00e9e dans le culte de l\u2019argent facile, les populations largement analphab\u00e8tes et ignorantes, et les \u00e9lites r\u00e9gnantes m\u00e9diocres et malhonn\u00eates ?&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn29\" id=\"_ftnref29\">[29]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Autrement dit, \u00ab&nbsp;Ce n\u2019est nullement parce que les Noirs d\u2019Afrique sont arri\u00e9r\u00e9s, mais tout simplement parce qu\u2019ils vivent selon un enseignement dont les r\u00e8gles se veulent intangibles<a href=\"#_ftn30\" id=\"_ftnref30\">[30]<\/a>. Qu\u2019on se le dise, et j\u2019accorde sur ce point avec Moussa Konate \u00ab&nbsp;Qu\u2019un \u00e9colier s\u2019isole pour apprendre ses le\u00e7ons, qui ne seront jamais que des le\u00e7ons de Blanc, passe encore ; mais qu\u2019un adulte s\u2019avise de s\u2019enfermer pour lire ou pour \u00e9crire, voil\u00e0 qui est inadmissible, parce que dangereux pour la p\u00e9rennit\u00e9 du groupe&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn31\" id=\"_ftnref31\">[31]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame les professeurs, \u00ab&nbsp;chacun a le sentiment de savoir, alors qu\u2019il ne fait que r\u00e9p\u00e9ter. C\u2019est ainsi que des futilit\u00e9s envahissent peu \u00e0 peu tout l\u2019espace de vie et favorisent l\u2019inculture, donc la m\u00e9diocrit\u00e9 intellectuelle, d\u00e9j\u00e0 favoris\u00e9e par l\u2019interdiction de fait de penser&nbsp;\u00bb.<a href=\"#_ftn32\" id=\"_ftnref32\">[32]<\/a> Et poursuivant ce constat de Moussa Konate, \u00ab&nbsp; En fait, l\u2019Afrique &nbsp;est constitu\u00e9e en grande partie de dipl\u00f4m\u00e9s pour qui la vie intellectuelle s\u2019arr\u00eate avec les \u00e9tudes. Aussi, petit \u00e0 petit, perdent-ils contact avec les grands courants de la pens\u00e9e occidentale et de la recherche dont ils \u00e9taient familiers dans leur vie d\u2019\u00e9tudiants et finissent-ils par s\u2019installer dans la m\u00e9diocrit\u00e9 intellectuelle. Or, de la pens\u00e9e noire africaine, ils ne savent rien non plus. Ils n\u2019imaginent donc plus, ne proposent plus : ils ne savent plus que mimer et enrobent leur vide intellectuel de grands discours creux. C\u2019est l\u00e0 encore une preuve du d\u00e9doublement dramatique que vivent les Noirs africains, dont le mode de vie semble devenir une v\u00e9ritable prison pour l\u2019esprit&nbsp;\u00bb <a href=\"#_ftn33\" id=\"_ftnref33\">[33]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ici ce que j\u2019allais \u00e9crire si Moussa Konate ne l\u2019\u00e9crivit nagu\u00e8re. L\u2019africain est tellement attach\u00e9 \u00e0 la famille, au groupe qu\u2019il ne peut pas s\u2019isoler pour se concentrer sur un travail. C\u2019est l\u2019exemple ci-apr\u00e8s de Moussa Konate&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ainsi, il n\u2019est pas exceptionnel que les hauts cadres de l\u2019administration re\u00e7oivent dans leur bureau les visites ininterrompues de leurs parents, amis et connaissances, d\u00e9sireux de se confier ou venus solliciter une aide mat\u00e9rielle, mais aussi pour bavarder simplement. Les dossiers urgents attendront, car la famille est au-dessus de tout ; d\u2019autres seront bloqu\u00e9s s\u2019ils sont contraires \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat de ladite famille. Et c\u2019est l\u00e0 que le b\u00e2t blesse : par son fonctionnement et sa nature m\u00eame, ce syst\u00e8me de solidarit\u00e9 r\u00e9v\u00e8le le f\u00e9roce individualisme de la \u00ab famille \u00bb.<a href=\"#_ftn34\" id=\"_ftnref34\">[34]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019individualisme occidental n\u2019est pas du tout un mod\u00e8le \u00e0 suivre par le peuple africain&nbsp;? parce qu\u2019en fait, pour Moussa Konate, \u00ab&nbsp;les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations, qui aspirent au confort moderne, s\u2019installent dans une attitude que, sous d\u2019autres cieux, on prend pour de la paresse, purement et simplement : leurs a\u00efeux ont \u00e9rig\u00e9 la convivialit\u00e9 en valeur essentielle parce qu\u2019ils m\u00e9prisaient la course \u00e0 la richesse ; n\u2019ayant besoin que du n\u00e9cessaire pour vivre, ils pouvaient continuer \u00e0 faire de l\u2019harmonie l\u2019objectif premier. Or, le temps passant, les Noirs africains ont de plus en plus tendance \u00e0 changer le principe \u00ab peu de biens de consommation et beaucoup de convivialit\u00e9 \u00bb en \u00ab beaucoup de biens de consommation et beaucoup de convivialit\u00e9 \u00bb, mais sans s\u2019en donner les moyens, c\u2019est-\u00e0-dire sans travailler en cons\u00e9quence&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn35\" id=\"_ftnref35\">[35]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est-\u00e0-dire le fort de l\u2019africain n\u2019est pas le soin du travail, mais le soin de la relation. Il a beaucoup d\u2019amis et passe beaucoup de temps avec eux puisqu\u2019il ne se consacre au travail.&nbsp; \u00ab&nbsp;C\u2019est pourquoi ils apparaissent de plus en plus comme des consommateurs de ce que d\u2019autres produisent, si bien que leur continent n\u2019est pas loin d\u2019\u00eatre la poubelle du monde, o\u00f9 \u00e9chouent toutes les voitures, tous les ordinateurs d\u2019occasion, toute la friperie imaginables\u2026 Cette ardeur limit\u00e9e au travail n\u2019est donc pas une particularit\u00e9 des Noirs africains, mais une d\u00e9rive r\u00e9sultant de la perte du sens d\u2019une composante essentielle de leurs cultures. Car si la paresse \u00e9tait la caract\u00e9ristique des Noirs africains, la bataille des m\u00e9moires aidant, les pays occidentaux dans lesquels ils s\u2019exilent ne se seraient pas g\u00ean\u00e9s pour le faire savoir<a href=\"#_ftn36\" id=\"_ftnref36\">[36]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>A comprendre par-l\u00e0 que l\u2019africain n\u2019est pas un paresseux. D\u2019ailleurs, \u00e0 en croire Moussa Konate, \u00ab&nbsp;lorsqu\u2019ils s\u2019exilent, n\u2019est-ce pas pour travailler ? Et si l\u2019industrie europ\u00e9enne a fait appel \u00e0 eux il y a quelques d\u00e9cennies, quand elle avait besoin de main-d\u2019\u0153uvre, n\u2019\u00e9tait-ce pas parce qu\u2019ils lui donnaient satisfaction sur le plan du travail ? Pourtant, le mythe du Noir africain paresseux, qui remonte \u00e0 la p\u00e9riode coloniale, est d\u2019origine europ\u00e9enne. En effet, en ce temps-l\u00e0, dans les soci\u00e9t\u00e9s noires africaines, des t\u00e2ches sp\u00e9cifiques \u00e9taient d\u00e9volues aux jeunes, aux femmes, aux adultes \u2013 les vieilles personnes \u00e9tant, comme aujourd\u2019hui encore, dispens\u00e9es de labeur physique. Il n\u2019\u00e9tait donc pas rare de voir des hommes bavarder pendant que des femmes peinaient ; des enfants suer pendant que leurs a\u00een\u00e9s jouaient, etc. L\u2019observateur non averti avait t\u00f4t fait d\u2019en conclure qu\u2019une partie de la population vivait dans l\u2019oisivet\u00e9. Ce fut une des justifications des travaux forc\u00e9s que l\u2019administrateur europ\u00e9en allait mettre en application \u00e0 coups de fouet qui ne distinguaient pas le vieillard du jeune homme&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn37\" id=\"_ftnref37\">[37]<\/a>. D\u2019ailleurs cette tendance continue jusqu\u2019aujourd\u2019hui dans les villages traditionnels africains.<\/p>\n\n\n\n<p>Du coup, l\u2019on tombe, partant de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, dans ce que je nomme premi\u00e8re \u00e9vidence d\u2019apr\u00e8s Moussa Konate, \u00e9vidence qui traverse ces lignes&nbsp;: \u00ab&nbsp;Pour influer sur ceux qui les gouvernent, les peuples doivent avoir conscience de leur force. Incontestablement, l\u2019interdiction de penser et de remettre un tant soi peu en question l\u2019h\u00e9ritage int\u00e9gral de l\u2019anc\u00eatre a constitu\u00e9 un frein puissant \u00e0 l\u2019\u00e9volution du mod\u00e8le social noir africain, au moment o\u00f9 son ennemi de toujours \u2013 l\u2019argent \u2013 s\u2019insinuait de fa\u00e7on funicieuse dans tous les espaces de vie&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn38\" id=\"_ftnref38\">[38]<\/a>. \u00c7a donne \u00e0 penser, puisque l\u2019Afrique \u00e9gale affaire de solidarit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est pourquoi, pour cl\u00f4turer ce point, revenons sur quelques notions pass\u00e9es sous-silence par ceux qui voient l\u2019Afrique maudite. D\u00e9j\u00e0 \u00ab&nbsp;Les inventions, les d\u00e9couvertes et les avanc\u00e9es de la pens\u00e9e qui ont permis la marche en avant de l\u2019humanit\u00e9 ne sont pas l\u2019apanage d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 : tous les peuples, d\u2019une fa\u00e7on ou d\u2019une autre, y ont contribu\u00e9. En somme, le progr\u00e8s de l\u2019humanit\u00e9 ne d\u00e9pend ni d\u2019une seule soci\u00e9t\u00e9, ni d\u2019un seul pays, ni m\u00eame d\u2019un continent, car l\u2019intelligence n\u2019est le privil\u00e8ge d\u2019aucun peuple en particulier \u2013 m\u00eame si certains favorisent son \u00e9panouissement plus que d\u2019autres, il est vrai. La grandeur des Noirs africains consistera \u00e0 prouver que l\u2019homme n\u2019est pas condamn\u00e9 \u00e0 choisir entre le d\u00e9veloppement et la solidarit\u00e9 : le vrai d\u00e9veloppement place l\u2019homme au centre de son projet, il est respectueux de son environnement, ne voue pas un culte \u00e0 l\u2019accumulation de biens mat\u00e9riels et ne fait pas de la vieillesse un \u00e9pouvantail ou un d\u00e9lit \u00bb<a href=\"#_ftn39\" id=\"_ftnref39\">[39]<\/a>. Ceci est une \u00e9vidence scientifique. C\u2019est d\u2019ailleurs tout ce que Luc Ferry essaie de d\u00e9montrer en expliquant le bonheur<a href=\"#_ftn40\" id=\"_ftnref40\">[40]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre fait, c\u2019est celui de la fin du capitalisme. Jeremy Rifkin<a href=\"#_ftn41\" id=\"_ftnref41\">[41]<\/a> l\u2019a bien d\u00e9montr\u00e9 dans son ouvrage en parlant de l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019internet comme ce qui vient mettre fin au capitalisme et faire l\u2019entr\u00e9e de l\u2019\u00e9conomie collaborative. D\u00e9sormais les politiques, les \u00e9volutions scientifiques doivent n\u00e9gocier avec la technique. D\u2019ailleurs pour Moussa Konate, le capitalisme s\u2019est transform\u00e9 en mafia international. Normalement, ce serait l\u00e0 la mort de pays soi-disant du Nord ou d\u00e9velopp\u00e9s. Sinon Luc Ferry ne lancerait pas d\u00e9j\u00e0 l\u2019alarme<a href=\"#_ftn42\" id=\"_ftnref42\">[42]<\/a>. Malheureusement pour l\u2019Afrique, \u00e0 en croire Moussa Konate, \u00ab&nbsp;l\u2019Occident a d\u00e9velopp\u00e9 une arme infaillible pour endormir l\u2019esprit de r\u00e9volte : l\u2019infantilisation des peuples&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn43\" id=\"_ftnref43\">[43]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Voici une analyse qui m\u2019est toujours ch\u00e8re. Il y a quelques ann\u00e9es la Gr\u00e8ce a emprunt\u00e9 plus de 400 milliards d\u2019euros \u00e0 l\u2019Union Europ\u00e9enne. La RDC n\u2019a qu\u2019une dette de 13 milliards. Si c\u2019est la RDC qui demandait ce 400 milliards d\u2019euros, on dit qu\u2019elle est incapable de payer cet argent. Mais, entre la RDC et la Gr\u00e8ce, qui est riche en minerais&nbsp;?&nbsp; Et c\u2019est cela m\u00eame qui prouve la peur occidentale face \u00e0 la richesse africaine et face \u00e0 cette fin du capitalisme qui les a habitu\u00e9s \u00e0 amasser de mani\u00e8re \u00e9go\u00efste les biens au point d\u2019oublier ce qui est essentiel pour vivre. L\u2019\u00e8re actuelle est l\u2019\u00e8re du partage&nbsp;: l\u2019\u00e9conomie collaborative. C\u2019est ce partage qui complique tout.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, eu \u00e9gard de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, je ne refuse pas \u00e0 l\u2019Afrique de collaborer avec les nations \u00e9trang\u00e8res, ni de les imiter si ce sont les valeurs, mais je lui demande d\u2019\u00eatre fi\u00e8re en elle, parce qu\u2019en Afrique les probl\u00e8mes du post-humanisme ne se sont pas encore pos\u00e9s, et pour ne pas y arriver de penser autrement son syst\u00e8me \u00e9ducatif d\u2019avant les \u00e9coles coloniales d\u2019autant que ce que l\u2019homme blanc avait oubli\u00e9 pendant la colonisation, c\u2019est qu\u2019en Afrique, la vie elle-m\u00eame est une bonne \u00e9cole&nbsp;; sauf que le sous-d\u00e9veloppement de l\u2019Afrique vient de l\u2019insuffisance de cr\u00e9ativit\u00e9 et de penser de l\u2019\u00e9lite africain issu de l\u2019\u00e9cole coloniale, parce qu\u2019il y a \u00e9t\u00e9 entra\u00een\u00e9&nbsp;; mais ce qui est une \u00e9vidence, c\u2019est que la solidarit\u00e9 africaine jusqu\u2019aujourd\u2019hui a aid\u00e9 l\u2019Afrique \u00e0 bien maintenir ses valeurs culturelles, et c\u2019est cela m\u00eame la force de l\u2019africain qui ne doit pas penser qu\u2019il est le seul habitant du monde mais plut\u00f4t qu\u2019il est doit selon Moussa Konate \u00ab&nbsp;travailler, vivre et aimer&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn44\" id=\"_ftnref44\">[44]<\/a>. Ce qui me pousse \u00e0 terminer ce point par cette v\u00e9rit\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;l\u2019homme noir n\u2019est pas un \u00eatre particulier, pas plus que l\u2019Afrique noire n\u2019est une terre particuli\u00e8re. Sans ce pr\u00e9alable, toute conclusion serait le r\u00e9sultat d\u2019une suite de mensonges ou d\u2019erreurs&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn45\" id=\"_ftnref45\">[45]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>II. AFRIQUE&nbsp;: AFFAIRE DE SOLIDARIT\u00c9. FAIBLESSE OU FORCE&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ubuntu, une philosophie \u00e0 conna\u00eetre pour sa riche \u00e9l\u00e9vation d\u2019esprits. Voici qu\u2019elle est celle dont l\u2019homme africain a besoin pour son \u00e9cole et pour se r\u00e9aliser dans tous les domaines possibles de la vie. Oui, l\u2019homme, cet \u00eatre avec, cet animal politique et social voire conflictuel, a besoin d\u2019\u00e9tudier la philosophie Ubuntu. Bien s\u00fbr, si aujourd\u2019hui bien de philosophes continuent \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 la question kantienne \u00ab&nbsp;Qu\u2019est-ce que l\u2019homme&nbsp;\u00bb, alors il sied de ne plus se passer de Ubuntu.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019il y a des pens\u00e9es r\u00e9gionales, c\u2019est-\u00e0-dire selon les cultures occidentales, orientales, africaines, ou celles de l\u2019oncle Sam\u2026, Ubuntu appara\u00eet objectivement comme une philosophie qui devrait inspirer tout l\u2019humanit\u00e9, pas comme une philosophie humaniste passe-partout, mais comme celle qui int\u00e8gre l\u2019humain et son histoire et son esprit.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Il est d\u2019un contexte o\u00f9 les questions \u00e0 propos d\u2019Ubuntu posent une probl\u00e9matique qui guette toute l\u2019humanit\u00e9, celle de la r\u00e9ception de tout homme et de tout l\u2019homme dans un milieu social, cet espace de vie et de cohabitation d\u2019id\u00e9es, des m\u0153urs et des us, o\u00f9 une tension altruiste, symbolis\u00e9e par les conflits d\u2019Est contre Ouest, de l\u2019Occident contre l\u2019Orient, de l\u2019Europe contre l\u2019Afrique, de l\u2019homme blanc contre l\u2019homme noir&nbsp;; (la preuve&nbsp;:des guerres par-ci par-l\u00e0), nous interpelle en tant qu\u2019animal dompt\u00e9 de raison et d\u2019un langage articul\u00e9, capable d\u2019interagir voire anim\u00e9 d\u2019esprit ouvert au bon sens cart\u00e9sien.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ces questions ne sont pourtant pas actuelles. Elles datent depuis l\u2019antiquit\u00e9. Aussi semble-t-il, de par ce constat, que les r\u00e9ponses sont donn\u00e9es non seulement de fa\u00e7on \u00e0 unir les hommes en un seul Homme, mais \u00e0 trouver parmi les hommes des soci\u00e9t\u00e9s barbares face aux civilis\u00e9es, malheureusement pour la d\u00e9faveur de l\u2019Afrique, victime de la traite n\u00e9gri\u00e8re et de la colonisation. C\u2019est l\u00e0 un grand d\u00e9fi, pour lequel la philosophie Ubuntu se doit \u00eatre \u00e9crite, et dont les textes m\u00e9ritent un commentaire de cadre scientifique et philosophique, d\u2019autant que la communaut\u00e9 scientifico-philosophique africaine est sens\u00e9e pr\u00eacher le mod\u00e8le \u00e0 tout le reste de l\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour ce deuxi\u00e8me point, je fais un commentaire de l\u2019article \u00ab&nbsp;L\u2019Afrique \u00e0 la crois\u00e9e des chemins&nbsp;: Ubuntu et le d\u00e9fi de l\u2019autonomie Africaine&nbsp;\u00bb, une plume&nbsp;du penseur Chiza Balwiramwami Ciksu, cela pour une vulgarisation et une publicisation de la philosophie Ubuntu. C\u2019est pour moi, une fa\u00e7on de m\u2019inscrire dans cette pens\u00e9e d\u2019Ubuntu de laquelle notre probl\u00e9matique pourra \u00eatre l\u2019unicit\u00e9 de l\u2019homme raisonnable tel qu\u2019il est pr\u00e9sent\u00e9 aujourd\u2019hui partant des sciences humaines et sociales.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais est-ce qu\u2019il est une philosophie sur l\u2019homme, unique en toutes les cultures, en toutes les mentalit\u00e9s quand bien m\u00eame une pluralit\u00e9 soci\u00e9tale d\u2019hommes en tant qu\u2019individus et en tant que pens\u00e9e&nbsp;? En d\u2019autres termes, est-ce qu\u2019avec Ubuntu, l\u2019Afrique est \u00e0 la crois\u00e9e des chemins avec d\u2019autres soci\u00e9t\u00e9s&nbsp;? Par hypoth\u00e8se, en consid\u00e9rant la relation de \u00ab&nbsp;l\u2019ensemble Homme&nbsp;\u00bb et de \u00ab&nbsp;l\u2019ensemble Les hommes&nbsp;\u00bb, il serait logique de trouver que les hommes sont Un en l\u2019Homme, et que cet esprit d\u2019Homme est cette \u00e9nergie positive, ce bien qui lierait les hommes. Bref, c\u2019est cet esprit que moi par analogie je nomme Ubuntu.<a><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, l\u2019article intitul\u00e9<strong> \u00ab&nbsp;<\/strong>L\u2019Afrique \u00e0 la crois\u00e9e des chemins&nbsp;: Ubuntu et le d\u00e9fi de l\u2019autonomie africaine&nbsp;<strong>\u00bb<\/strong> se d\u00e9veloppe sur trois grands points \u00e0 savoir&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ubuntu&nbsp;: Alerte sur un continent en Pleine Crise&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Conjurer le Destin Funeste Qui s\u2019Avance sur l\u2019Afrique est du ressort de la philosophie&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;Pour une culture de l\u2019Emulation et une Cr\u00e9dence en l\u2019Autonomie&nbsp;: Ubuntu, la Rencontre \u00e0 mi-chemin comme Redressement de l\u2019Africain&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Une raison me motive de proposer ici l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de l\u2019abstract dudit article. Eh bien, Chiza Balwiramwami Ciksu r\u00e9sume son article \u00ab&nbsp;l\u2019Afrique \u00e0 la crois\u00e9e des chemins&nbsp;: Ubuntu et le d\u00e9fi de l\u2019autonomie africaine&nbsp;\u00bb par ces mots-ci:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;L\u2019actuel pessimisme et le d\u00e9faitisme plongent l\u2019Afrique dans une crise qui s\u00e9vit et poursuit son bonhomme de chemin couvrant tout le continent jusqu\u2019\u00e0 d\u00e9ferler dans d\u2019incessants conflits. On en est aujourd\u2019hui encore \u00e0 d\u00e9nombrer les morts et les r\u00e9fugi\u00e9s, \u00e0 \u00e9valuer les d\u00e9g\u00e2ts et les cons\u00e9quences, sur l\u2019\u00e9conomie, d\u2019une guerre qui affiche sa volont\u00e9 d\u2019en d\u00e9coudre avec le terrorisme. L\u2019Afrique, continent exploit\u00e9, autrefois terre des esclaves, et aussi des grandes ressources, est \u00e0 pr\u00e9sent celui des guerres tribales et non tribales interminables qui reposent sur des int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques\u2026Mais l\u2019Afrique est-elle vraiment condamn\u00e9e au d\u00e9clin politique, ou m\u00eame \u00e0 une disparition programm\u00e9e&nbsp;? Dans la perspective prise en ces lignes, la r\u00e9ponse \u00e0 cette question serait affirmative. Le v\u00e9ritable d\u00e9veloppement des peuples africains, pr\u00f4n\u00e9 par tant de penseurs et th\u00e9oriciens de d\u00e9veloppement, passerait inexorablement par le consentement \u00e0 l\u2019humanit\u00e9, par l\u2019adh\u00e9sion \u00e0 une identit\u00e9 commune et par l\u2019inventivit\u00e9, comme th\u00e9rapie en temps de r\u00e9signation, pour une culture d\u2019\u00e9mulation qui r\u00e9habiliterait la cr\u00e9dence en l\u2019autonomie africaine. C\u2019est en fait ce que traduit essentiellement le concept \u00ab&nbsp;ubuntu&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn46\" id=\"_ftnref46\">[46]<\/a>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>A partir de ce r\u00e9sum\u00e9, l\u2019entr\u00e9e de jeu dans cet enjeu du si\u00e8cle o\u00f9 finalement ce qu\u2019il est de l\u2019homme, ce qu\u2019il est \u00e0 faire de l\u2019homme, n\u2019est rien d\u2019autre que de recommander la philosophie Ubuntu partout et pour tout homme de par divers milieu culturel, soci\u00e9tal et politique. Le contexte li\u00e9 \u00e0 cet article est celui d\u2019un monde en crise, un monde o\u00f9 les hommes ne s\u2019acceptent plus en tant qu\u2019humain, mais en tant que faisant partie d\u2019une m\u00eame r\u00e9gion, d\u2019un m\u00eame pays, d\u2019une m\u00eame religion, et ayant une m\u00eame couleur de peau\u2026 bref les hommes se choisissent les uns contre les autres, et on ne sait sur base desquels crit\u00e8res. Avec cette mentalit\u00e9 de ce si\u00e8cle, c\u2019est l\u2019exercice de la maxime hobbesienne \u00ab&nbsp;homo homini lupus&nbsp;\u00bb, l\u2019\u00e9gale du fameux code d\u2019Hammourabi \u00ab&nbsp;\u0152il pour \u0153il, dent pour dent&nbsp;\u00bb, et par cons\u00e9quent, \u00e7a n\u2019\u00e9tonne pas d\u2019apprendre \u00e0 la t\u00e9l\u00e9 des attentats \u00e7\u00e0 et l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>Le concept Ubuntu est n\u00e9ologisme de Desmond Tutu et Nelson Mandela, qui devant l\u2019apartheid recommandait une philosophie de l\u2019int\u00e9gration sociale et culturelle sans distinction de race. C\u2019est ce principe qui sera aujourd\u2019hui la philosophie Ubuntu. Par exemple, pour Desmond Tutu, dans son ouvrage \u00ab&nbsp;Pas d\u2019avenir sans pardon&nbsp;\u00bb,<\/p>\n\n\n\n<p>Une personne empreinte d\u2019Ubuntu est une personne ouverte et disponible pour les autres. Cette personne ne se sent pas menac\u00e9e par le fait que d\u2019autres sont les meilleures ou plus capables qu\u2019elle. Sur la base d\u2019une bonne confiance en soi qui provient du fait que cette personne sait qu\u2019il ou elle appartient \u00e0 un ensemble plus vaste et est diminu\u00e9e lorsque d\u2019autres sont humili\u00e9s ou diminu\u00e9s, lorsque d\u2019autres sont tortur\u00e9s ou opprim\u00e9s<a href=\"#_ftn47\" id=\"_ftnref47\">[47]<\/a> .<\/p>\n\n\n\n<p>Ubuntu est cet esprit d\u2019ouverture aux autres, de pardon, d\u2019acception mutuelle, en d\u00e9pit de diff\u00e9rences qu\u2019il y a bon gr\u00e9 mal gr\u00e9. Ce principe fait preuve une approche anthropologico-sociale dont la pens\u00e9e le \u00ab&nbsp;bomoto&nbsp;\u00bb, ce que la langue fran\u00e7aise ne sait pas rendre le sens, sinon le rendre \u00e0 \u00ab&nbsp;l\u2019\u00eatre Homme&nbsp;\u00bb. Ainsi, Ubuntu, dit Chiza Balwiramwami, est une pens\u00e9e humaniste qui int\u00e8gre les dimensions culturelles, sociales et politiques de l\u2019homme africain<a href=\"#_ftn48\" id=\"_ftnref48\">[48]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, \u00ab&nbsp;la conception humaniste de la philosophie, soutenue par nombre de fervents d\u00e9fenseurs \u2018afrocentristes\u2019, a comme toile de fond ce que glose le concept&nbsp;\u00ab&nbsp;Ubuntu&nbsp;\u00bb, fond\u00e9 sur l\u2019\u00e9thique de la solidarit\u00e9 et reposant sur la relation \u00e0 l\u2019autre d\u00e9fini par la militante lib\u00e9rienne et prix Nobel de la Paix, Leymah Gbowee&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn49\" id=\"_ftnref49\">[49]<\/a>.&nbsp;Ce qui justifierait une mauvaise compr\u00e9hension de la philosophie humaniste, si l\u2019homicide survient comme contradiction. Evidemment, c\u2019est ce qu\u2019il y a \u00e0 comprendre, de ce point dans le paragraphe o\u00f9 Chiza \u00e9crit&nbsp;:&nbsp; \u00ab&nbsp;Ubuntu, d\u00e9fini, comme modalit\u00e9 d\u2019\u00eatre du Muntu, n\u2019est pas une utopie fantasmagorique, mais un id\u00e9al qui, pris au s\u00e9rieux, redorerait les blasons d\u2019une philosophie laiss\u00e9e pour un compte \u00e0 l\u2019heure du pluralisme et de la civilisation de l\u2019universel&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn50\" id=\"_ftnref50\">[50]<\/a> .Ce texte rappelle le d\u00e9fi que nous avons relev\u00e9 dans notre probl\u00e9matique. C\u2019est l\u00e0, \u00e0 notre avis, que Eboussi Boulaga trouve la crise du \u00ab&nbsp;Muntu&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais Eboussi Boulaga, sans intention de soulever une controverse linguistique qui donne la diff\u00e9rence entre \u00ab&nbsp;civilis\u00e9&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;barbare&nbsp;\u00bb, affirme avec insistance que le discours du \u00ab&nbsp;Muntu&nbsp;\u00bb doit maintenant se montrer universel, intelligible et accessible \u00e0 tous. De lui, l\u2019on peut retenir que\u00ab&nbsp;le \u2018Muntu\u2019 n\u2019habite pas une \u00eele, il ne jouit pas de l\u2019exterritorialit\u00e9. Les probl\u00e8mes de la particularit\u00e9 sont d\u00e9termin\u00e9s par l\u2019av\u00e8nement d\u2019une histoire une, d\u2019une histoire mondiale. Il suffit de s\u2019approfondir, de se consid\u00e9rer comme un segment du monde, une partie totale&nbsp;\u00bb.<a href=\"#_ftn51\" id=\"_ftnref51\">[51]<\/a> Voil\u00e0 encore une autre mani\u00e8re qui me pousse \u00e0 pr\u00f4ner le principe Ubuntu, d\u2019autant que le \u00ab&nbsp;Muntu&nbsp;\u00bb est partout d\u00e9fini, et que la diff\u00e9rence vient d\u2019une histoire truqu\u00e9e et voulue par les penseurs d\u2019un peuple qui en ignore le sens. C\u2019est une diff\u00e9rence qui ne vaut pas la peine, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il n\u2019y a qu\u2019un seul Homme dans plusieurs individus et dans plusieurs soci\u00e9t\u00e9s ainsi que dans diverses cultures. C\u2019est l\u00e0 que se fonde le principe d\u2019Ubuntu, qui est celui de la solidarit\u00e9 universelle.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;D\u2019ailleurs, en parlant de la solidarit\u00e9 universelle, par manque d\u2019un mot fran\u00e7ais qui puisse bien rende le sens du mot Ubuntu, il y a risque de faire comprendre que Ubuntu \u00e9gale solidarit\u00e9 universelle. Non, Ubuntu est plus que cette solidarit\u00e9 universelle, sinon \u00e0 quoi est-il original face au courant humaniste qui existe bel et bien.<\/p>\n\n\n\n<p>Par contre, Ubuntu enclenche d\u2019abord le sentiment de commune appartenance \u00e0 la Nation africaine<a href=\"#_ftn52\" id=\"_ftnref52\">[52]<\/a>. C\u2019est en ce sens que Kaumba LUFUNDA pense que Ubuntu promeut un esprit communautaire. Pour lui, \u00ab&nbsp;Un \u00eatre humain n\u2019existe qu\u2019en fonction des autres \u00eatres humains. C\u2019est assez diff\u00e9rent du \u2018&nbsp;je pense donc je suis\u2019. Cela signifie plut\u00f4t, je suis humain parce que je fais partie, je participe, je partage&nbsp;\u00bb&nbsp;<a href=\"#_ftn53\" id=\"_ftnref53\">[53]<\/a> . C\u2019est une recommandation de faire de l\u2019Ubuntu un leitmotiv de tout homme. C\u2019est un principe qui sous-entend une responsabilit\u00e9 ontologique, c\u2019est-\u00e0-dire tout homme qui existe m\u2019est un ciel \u00e0 chercher, tel que disait Gabriel Marcel. En effet, ce principe ne comprend pas la philosophie de Sartre s\u2019il faut que l\u2019autre devienne l\u2019enfer, mais nous pouvons prendre chez lui, le principe selon lequel je ne peux qu\u2019\u00eatre libre si l\u2019autre l\u2019est.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;\u00ab&nbsp;Appel \u00e0 la responsabilit\u00e9 pour relever les d\u00e9fis qui guettent notre Afrique, c\u2019est le r\u00f4le du philosophe de nous sortir de cette crise du pillage de nos ressources naturelles, de la pauvret\u00e9, de la crise de l\u2019institution scolaire \u00e0 travers la d\u00e9sertion des \u00e9l\u00e8ves et des enseignants, les pand\u00e9mies&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn54\" id=\"_ftnref54\">[54]<\/a> . Il souhaite que Ubuntu soit enseign\u00e9 partout au monde entier \u00e9tant donn\u00e9 que celui qui a l\u2019empreinte de Ubuntu ne peut faire du mal \u00e0 un autre homme. Au contraire, celui-l\u00e0 devra emmener ceux qui ne se r\u00e9alisent pas encore dans l\u2019Ubuntu \u00e0 y arriver. Et, jusqu\u2019ici, il n\u2019y a que le principe Ubuntu pour nous sortir de diverses crises que connait l\u2019Afrique.<\/p>\n\n\n\n<p>Si Ubuntu se d\u00e9voile comme force du continent africain, alors c\u2019est une philosophie multiforme, et personne ne peut pr\u00e9tendre la r\u00e9duire \u00e0 une ethnologie comme ceux qui critiquent la philosophie bantoue de Tempels. Il y a une philosophie originale en Afrique, celle qu\u2019ont \u00e9touff\u00e9e la traite n\u00e9gri\u00e8re et la colonisation. Cette philosophie pr\u00f4ne le bien vivre et le mieux vivre avec et pour autrui. Ubuntu est non seulement un concept riche en sens, mais aussi une vie de valeurs. Ubuntu est la force m\u00eame de l\u2019Afrique. C\u2019est par ce principe que l\u2019Afrique tiendra devant d\u2019autres continents.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;N\u2019est-elle pas l\u2019id\u00e9e de Axelle Kabou qui, dans son ouvrage \u00ab&nbsp;Et si l\u2019Afrique refusait le d\u00e9veloppement&nbsp;\u00bb, pense que les africains devraient plut\u00f4t travailler pour leur avenir sans imiter b\u00eatement un mod\u00e8le de d\u00e9veloppement presqu\u2019impos\u00e9 comme si l\u2019inverse emp\u00eache d\u2019\u00eatre homme, comme si l\u2019africain en se passant de la logique occidentale pour sa propre compr\u00e9hension du mot d\u00e9veloppement cessait d\u2019\u00eatre un homme. Ce qui est pratiquement quelque chose \u00e0 essayer en commen\u00e7ant par \u00ab&nbsp;travailler pour un avenir d\u2019une Afrique large, forte et digne&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn55\" id=\"_ftnref55\"><em><strong>[55]<\/strong><\/em><\/a> . Parce que si l\u2019Afrique d\u00e9montrait au monde entier qu\u2019il n\u2019y a pas que le mod\u00e8le occidental pour qu\u2019on parle du d\u00e9veloppement, alors l\u00e0 elle aurait prouv\u00e9 son efficacit\u00e9, sa maturit\u00e9. Or, elle est capable.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour cela, Chiza, dans son article sur Ubuntu, nous \u00e9vite le d\u00e9faitisme, c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab&nbsp;une opinion et politique de ceux qui manquent de confiance dans la victoire ou qui estiment la d\u00e9faite moins on\u00e9reuse que la continuation de la guerre. Il est le dernier rempart des couards&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn56\" id=\"_ftnref56\">[56]<\/a>. Une mani\u00e8re de dire aux africains de prendre en compte Ubuntu comme leur force et d\u2019arr\u00eater leur manie de se tourner toujours vers l\u2019Occident qui ne fait que les engloutir dans l\u2019abime.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est l\u00e0 est une trahison de conscience, un manque de professionnalisation comme le souligne le professeur Chiza. C\u2019est cette influence \u00e9trang\u00e8re que condamne Engelbert, lorsqu\u2019il parle de la paup\u00e9risation anthropologique de l\u2019africain, un syst\u00e8me encourag\u00e9 et entretenu depuis la colonisation<a href=\"#_ftn57\" id=\"_ftnref57\">[57]<\/a>. Il y a l\u00e0 une preuve de la n\u00e9gation de l\u2019humanit\u00e9 de l\u2019homme africain, et pourquoi continuer \u00e0 avancer dans la m\u00eame perspective que celui qui nie l\u2019identit\u00e9 de l\u2019homme noir&nbsp;? En tout cas, l\u2019histoire est t\u00e9moin de cette annihilation anthropologique.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;De ce fait, Chiza pense que l\u2019Afrique actuelle est une copie de l\u2019Occident, elle est fond\u00e9e sur une politique non appropri\u00e9e. Elle est tout simplement mal partie<a href=\"#_ftn58\" id=\"_ftnref58\">[58]<\/a>, comme disait R. DUMONT.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, \u00ab&nbsp;La pens\u00e9e Ubuntu sur la solidarit\u00e9 peut encore enrichir l\u2019Afrique et constituer le tremplin d\u2019une \u00e9ventuelle stabilit\u00e9&nbsp;\u00bb.<a href=\"#_ftn59\" id=\"_ftnref59\">[59]<\/a> Ubuntu est ainsi un consentement \u00e0 l\u2019humanit\u00e9. Pour bien comprendre ce que ceci signifie, nous proposons ici trois concepts interd\u00e9pendants de l\u2019Ubuntu&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>\u00ab\u00a0Etre humain, c\u2019est affirmer son humanit\u00e9 en reconnaissant l\u2019humanit\u00e9 des autres et, sur cette base, \u00e9tablir des relations humaines respectueuses avec eux\u00a0\u00bb. C\u2019est donc l\u2019humanit\u00e9 et le respect de l\u2019autre qui priment.<\/li>\n\n\n\n<li>\u00ab\u00a0Si et quand on est confront\u00e9 \u00e0 un choix d\u00e9cisif entre la richesse et la pr\u00e9servation de la vie d\u2019un autre \u00eatre humain, alors on devrait opter pour la pr\u00e9servation de la vie\u00a0\u00bb. La vie est donc plus importante que la richesse ou l\u2019argent.<\/li>\n\n\n\n<li>\u00ab\u00a0Le roi africain devait son statut, y compris tous les pouvoirs qui lui sont associ\u00e9s, \u00e0 la volont\u00e9 des personnes de rang inf\u00e9rieur \u00e0 lui\u00a0\u00bb. Cela va au-del\u00e0 de la d\u00e9mocratie, car cela valorise la palabre africaine intelligente comme fondement de la pens\u00e9e africaine, ce qui est sup\u00e9rieur \u00e0 la traditionnelle politique africaine. Cependant, quel dirigeant noir suit ces pr\u00e9ceptes\u00a0?<a href=\"#_ftn60\" id=\"_ftnref60\">[60]<\/a><\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p>Dans cette perspective, Mandela, dans le cadre de la philosophie Ubuntu, met l\u2019accent sur l\u2019hospitalit\u00e9 et sur le probl\u00e8me de l\u2019enrichissement personnel&nbsp;<a href=\"#_ftn61\" id=\"_ftnref61\">[61]<\/a>. Aussi ajoute-t-il que \u00ab&nbsp;Ubuntu ne veut pas dire que les gens ne devraient pas s\u2019enrichir. La question est donc&nbsp;: qu\u2019allez-vous faire afin de permettre \u00e0 la communaut\u00e9 autour de vous d\u2019\u00eatre en mesure de progresser&nbsp;?&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn62\" id=\"_ftnref62\">[62]<\/a> . En fait, pour Mandela, \u00ab&nbsp;Le but de l\u2019humanisme Ubuntu n\u2019est pas de repenser l\u2019humanisme parce qu\u2019il aurait manqu\u00e9 \u00e0 sa mission historique d\u2019assagissement de l\u2019humanit\u00e9, ni de le refuser parce qu\u2019il ne serait pas ad\u00e9quat aux imp\u00e9ratifs du monde moderne. Mais au contraire de le r\u00e9activer&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn63\" id=\"_ftnref63\">[63]<\/a>. En d\u2019autres termes, Les africains cherchent \u00e0 se consolider pour une solidarit\u00e9 et une humanit\u00e9 pacifi\u00e9e. La preuve, c\u2019est l\u2019Union Africaine, les courants id\u00e9ologiques n\u00e9es \u00e0 l\u2019aube des soleils des ind\u00e9pendances&nbsp;: Ujamaa de Nyerere, la n\u00e9gritude de C\u00e9saire, Senghor et Gontran Damas, l\u2019africanit\u00e9 ou l\u2019id\u00e9ologie africaine de Marcus Garvey, le panafricanisme de Kwame N\u2019Krumah. Mais alors, que peut-on retenir de cet article du professeur Chiza&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Ubuntu est une philosophie humano-anthropologique, laquelle peut sortir l\u2019Afrique de sa crise \u00e9tant donn\u00e9 que toutes les th\u00e8ses philosophiques et anthropologiques y trouvent leur fondement et leur finalit\u00e9. Ce qui fait que si les sciences et nouvelles technologies sont un moyen pour lib\u00e9rer l\u2019homme de sa faillibilit\u00e9 et de sa finitude, alors tous les savants africains doivent comprendre et int\u00e9grer le principe Ubuntu comme cette grande puissance qui rendra plus d\u00e9velopp\u00e9e l\u2019Afrique que ce qu\u2019elle est aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, nous recommandons \u00e0 toutes les \u00e9coles et universit\u00e9s africaines d\u2019insister sur l\u2019enseignement de Ubuntu, de s\u2019inspirer de l\u2019Afrique traditionnelle pour ses cours d\u2019initiation, ces sortes de s\u00e9minaires dans lesquelles des jeunes africains se retiraient pour apprendre \u00e0 \u00eatre adultes, et surtout pour son sens de palabrer, c\u2019est-\u00e0-dire ce moment pendant lequel tous les hommes du village se r\u00e9unissaient pour penser leur pass\u00e9, leur pr\u00e9sent et leur avenir en vue d\u2019une meilleure Afrique&nbsp;; bien s\u00fbr en tenant compte de relations diplomatiques. Pour illustrer ce qu\u2019il faudra faire, j\u2019ai s\u00e9lectionn\u00e9 ici quelque par\u00e9mie de la culture Yira extraites int\u00e9gralement de l\u2019ouvrage de WASWANDI KAKULE dont l\u2019id\u00e9e de l\u2019Ubuntu ressort en ce que \u00ab je suis parce que nous sommes \u00bb:<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>\u00a0avalume ni nyonyu<\/strong> : Les hommes sont comme des oiseaux. En fait, les oiseaux harmonisent ensemble.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>avalume ni vihekeryo, vika togha iwavana evindi<\/strong> : Les hommes sont des couronnes, \u00e7a tombent et vous trouvez d\u2019autres. Personne n\u2019est irrempla\u00e7able dans un service. Non constant, il ne faut pas chosifier les hommes. Si vous l\u2019employez dans un service, il faut le consid\u00e9rer dans son int\u00e9grit\u00e9 humaine.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>avalume sivetimana kutse sivetevana<\/strong> : Les hommes ne se d\u00e9favorisent ni ne se rusent pas les uns les autres. Les hommes poss\u00e8dent des droits \u00e9gaux ; nul ne peut les empi\u00e9ter sans qu\u2019il en soit aussit\u00f4t d\u00e9nonc\u00e9.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>\u00a0avalume vyokomughi vo vakahimba gho<\/strong> : Les hommes d\u2019un village, ce sont eux qui le construisent. Il revient \u00e0 l\u2019homme d\u2019am\u00e9liorer ses conditions de vie et de travailler au progr\u00e8s de la cit\u00e9.<\/li>\n\n\n\n<li>\u00a0<strong>avalume vakalingirirana ivikere <\/strong>: Les hommes s\u2019\u00e9quivalent en taille quand ils sont assis. B. La valeur de l\u2019homme ne se mesure pas \u00e0 son paraitre.<\/li>\n\n\n\n<li>\u00a0<strong>avalume vakavugha kitamuliko<\/strong> : Les hommes tiennent parole sans en d\u00e9mordre. B. Les hommes parlent avec franchise, sans restriction. Etre homme, c\u2019est savoir se poser en parole et en acte comme personne mure et cr\u00e9dible.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>\u00a0avalume vakayirawa kyusi<\/strong> : Les hommes vont au deuil les uns les autres. Il est un devoir de soutenir dans son affliction celui que le malheur a frapp\u00e9. Dans un monde o\u00f9 la dignit\u00e9 humaine, o\u00f9 la dimension ontologique reste en consid\u00e9ration inali\u00e9nable, le malheur de chacun devient celui de tous.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>avalume avaviri ni kyaghanda ky\u2019omwami<\/strong> : Deux hommes constituent une v\u00e9randa royale. L\u00e0 o\u00f9 si\u00e8gent deux ou plusieurs hommes, l\u00e0 se trouve un conseil dot\u00e9 de souverainet\u00e9.<\/li>\n\n\n\n<li>\u00a0<strong>avalume vo mwami<\/strong> : Les hommes, c\u2019est eux le roi. Le pouvoir et l\u2019autorit\u00e9 d\u2019un chef n\u2019ont un sens que par l\u2019existence du peuple<a href=\"#_ftn64\" id=\"_ftnref64\">[64]<\/a> .<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p><a><strong>C<\/strong><\/a><strong>onclusion<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour conclure cette r\u00e9flexion sur le d\u00e9veloppement de l\u2019Afrique, je reviens \u00e0 l\u2019exhortation de Cheik Anta Diop aux africains, lui qui leur dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Formez-vous, armez-vous de sciences jusqu\u2019aux dents (\u2026) et arrachez votre patrimoine culturel \u00bb<a href=\"#_ftn65\" id=\"_ftnref65\">[65]<\/a>. Nous sommes de pleins pieds dans le paradigme o\u00f9 la science qui est le produire de l\u2019homme s\u2019impose d\u2019autorit\u00e9 et s\u2019emploie \u00e0 dominer l\u2019homme. Mieux, la science crie haut et fort \u00e0 la mort de l\u2019homme son g\u00e9niteur. C\u2019est au nom de cet \u00e9tat des choses que l\u2019on parle des pays h\u00e9g\u00e9moniques, pays qui disposent des armes de destruction massive et qui ont la g\u00e2chette facile.<\/p>\n\n\n\n<p>A cela Edgar Morin n\u2019a pas tort d\u2019indiquer que dans les deux p\u00f4les (nord et sud), il y a telle une antinomie&nbsp;: le p\u00f4le nord a la technoscience, mais il manque de la moralit\u00e9. Par contre le p\u00f4le sud est d\u00e9positaire de la moralit\u00e9, mais il manque la technique. Et, au nom de trop plein de la science que les occidentaux, ayant d\u00e9velopp\u00e9 le sentiment d\u2019orgueil et d\u2019\u00e9go\u00efsme (au nom de leurs avanc\u00e9es technologiques) que mieux pour l\u2019avenir de l\u2019Afrique, le philosophe africain Lwambenga Mir\u00e9 \u00e9crira l\u2019article \u00ab&nbsp;Rencontre des civilisations et le destin des peuples africains&nbsp;\u00bb, o\u00f9 il encourage une technologie africaine int\u00e9gr\u00e9e d\u2019autant que l\u2019africain maitrise d\u00e9j\u00e0 la nature m\u00eame s\u2019il n\u2019a pas \u00e0 d\u00e9sacraliser le monde comme il l\u2019est de la civilisation technicienne occidentale<a href=\"#_ftn66\" id=\"_ftnref66\">[66]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, nous constatons finalement que la technologie n\u2019est rien sans l\u2019humain. Mais aussi, l\u2019homme a vraiment besoin de l\u2019\u00e9volution technoscientifique dans le but de soulager ses besoins et non pas ses d\u00e9sirs.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> E. Orsenna dans sa pr\u00e9face de M. KONATE, <em>L\u2019Afrique noire est-elle maudite&nbsp;?<\/em>, Paris, Fayard, 2010, p.8.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> <em>Ibid<\/em>., p. 10.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\">[3]<\/a> <em>Ibid<\/em>., p.9.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\">[4]<\/a> B. HUSSEL, <em>Probl\u00e8mes de philosophie<\/em>, Paris, Editions Payot, S.D.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\" id=\"_ftn5\">[5]<\/a> M. KONATE, <em>L\u2019Afrique noire est-elle maudite&nbsp;?<\/em>, p. 13.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref6\" id=\"_ftn6\">[6]<\/a> Cf. A. Glaser et alii, <em>L\u2019Afrique sans africains. Le r\u00eave blanc du continent noir<\/em>, Paris, Editions Stock, 1994.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref7\" id=\"_ftn7\">[7]<\/a>Cf. A. KABOU, <em>Et si l\u2019Afrique refusait le d\u00e9veloppement&nbsp;?,<\/em> Paris, L\u2019harmattan, 1991.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref8\" id=\"_ftn8\">[8]<\/a> Cf. A. MBEMBE, <em>Sortir d\u2019une grande nuit. Essai sur l\u2019Afrique d\u00e9colonis\u00e9e<\/em>, Paris, Editions La d\u00e9couverte, 2013.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref9\" id=\"_ftn9\">[9]<\/a> Cf. F. PIGEAUD et alii, <em>L\u2019arme invisible de la fran\u00e7afrique. Une histoire de la FCFA<\/em>, Paris, Editions La d\u00e9couverte, 2018.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref10\" id=\"_ftn10\">[10]<\/a> Cf. C. BRAEKMAN, <em>Les nouveaux pr\u00e9dateurs&nbsp;: politique de puissances en Afrique Centrale<\/em>, S.L, S.E, S.D.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref11\" id=\"_ftn11\">[11]<\/a> Cf. J.-Y. LA VOIE, <em>La gestion \u00e9trang\u00e8re du d\u00e9veloppement&nbsp; de l\u2019Afrique<\/em>, Qu\u00e9bec, Presses de l\u2019Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec, 1986.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref12\" id=\"_ftn12\">[12]<\/a>Cf. M. DELAFOSSE, <em>African art<\/em>, New-York, Parkstons Press International, S.D.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref13\" id=\"_ftn13\">[13]<\/a> Cf. <em>L\u2019Afrique qui se refait. Initatives sociaux \u00e9conomiques des communaut\u00e9s et d\u00e9veloppement en Afrique noire<\/em>, (Dir. Par Louis Favreau et Abdou Salam Fall),&nbsp; Qu\u00e9bec, Presses de l\u2019Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec, 2007.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref14\" id=\"_ftn14\">[14]<\/a>&nbsp; <em>Histoire g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019Afrique. I. M\u00e9thodologie et pr\u00e9histoire de l\u2019Afrique<\/em>, (Dir. J. KI ZERBO), Editions UNESCO, 1999.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref15\" id=\"_ftn15\">[15]<\/a> Cf. F. FANON, <em>Peau noire masques blancs<\/em>, Paris, Editions du Seuil, p. 14.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref16\" id=\"_ftn16\">[16]<\/a> <em>Ib.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref17\" id=\"_ftn17\">[17]<\/a> Cf. Notre compr\u00e9hension de l\u2019\u00e9pigraphe de J.-M. ELA, <em>Cheikh Anta Diop ou l\u2019honneur de penser<\/em>, Paris, L\u2019harmattan, 1989, p.7.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref18\" id=\"_ftn18\">[18]<\/a> B. OKOLO OKONDA, <em>Hegel et l\u2019Afrique. Th\u00e8ses, critiques et d\u00e9passements<\/em>, Paris, Le cercle herm\u00e9neutique, 2010, p.10.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref19\" id=\"_ftn19\">[19]<\/a> <em>Ibid.,<\/em> p.13.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref20\" id=\"_ftn20\">[20]<\/a> G.W.F. Hegel, La ph\u00e9nom\u00e9nologie de l\u2019esprit, (Trad. de Jean Hypolite), Tome 1, Paris, Aubier-Montaigne, p.18.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref21\" id=\"_ftn21\">[21]<\/a> Cf. B. OKOLO OKONDA, <em>Hegel et l\u2019Afrique, op.cit., <\/em>p.105.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref22\" id=\"_ftn22\">[22]<\/a> <em>Ibid.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref23\" id=\"_ftn23\">[23]<\/a> H. NGBANDA NZAMBO et P. MBEKO, <em>Strat\u00e9gie du chaos et du mensonge. Poker menteur en Afrique des grands lacs<\/em>, Canada, Ed. de l\u2019Erabli\u00e8re, 2014, p.10.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref24\" id=\"_ftn24\">[24]<\/a> Cf. H-G. GADAMER, <em>V\u00e9rit\u00e9 et m\u00e9thode. Les grandes lignes d\u2019une herm\u00e9neutique philosophique<\/em>, (Traduction publi\u00e9e avec le concours d\u2019Inter Nationes, Bonn), Paris, Ed. Du Seuil, 1996. p.437.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref25\" id=\"_ftn25\">[25]<\/a> Cf. <em>Ibid.,<\/em> p. 438.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref26\" id=\"_ftn26\">[26]<\/a> . B. OKOLO OKONDA, <em>Hegel et l\u2019Afrique, op.cit., <\/em>p.105.<em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref27\" id=\"_ftn27\">[27]<\/a> M. KONATE, <em>L\u2019Afrique est-elle maudite&nbsp;?<\/em>, <em>Op. <\/em><em>Cit.<\/em>, p.77.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref28\" id=\"_ftn28\">[28]<\/a> <em>Ibid.,<\/em> p.89.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref29\" id=\"_ftn29\">[29]<\/a> <em>Ibid.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref30\" id=\"_ftn30\">[30]<\/a> <em>Ibid<\/em>., p.101.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref31\" id=\"_ftn31\">[31]<\/a> <em>Ibid.,<\/em> p.114.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref32\" id=\"_ftn32\">[32]<\/a> <em>Ibid.,<\/em> p.118.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref33\" id=\"_ftn33\">[33]<\/a> M. KONATE, <em>L\u2019Afrique est-elle maudite&nbsp;?<\/em>, <em>Op. <\/em><em>Cit.,<\/em> p.119.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref34\" id=\"_ftn34\">[34]<\/a> <em>Ibid.,<\/em> p.115;<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref35\" id=\"_ftn35\">[35]<\/a> <em>Ibid.,<\/em> p.116.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref36\" id=\"_ftn36\">[36]<\/a> <em>Ibid.,<\/em> p.117.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref37\" id=\"_ftn37\">[37]<\/a> M. KONATE, <em>L\u2019Afrique est-elle maudite&nbsp;?<\/em>, <em>Op. <\/em><em>Cit.,<\/em> p.117.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref38\" id=\"_ftn38\">[38]<\/a> <em>Ibid.,<\/em> p. 129.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref39\" id=\"_ftn39\">[39]<\/a> <em>Ibid.,<\/em> p.132.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref40\" id=\"_ftn40\">[40]<\/a> Cf. L. FERRY, <em>Qu\u2019est-ce qu\u2019une vie r\u00e9ussie?<\/em>, Paris, Grasset, 2002.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref41\" id=\"_ftn41\">[41]<\/a> Cf. J. RIFKIN, <em>The end of work: the decline of the global labor force and the dawn of the post-market era<\/em>, New York, G. P. Putnam&#8217;s Son, 1995<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref42\" id=\"_ftn42\">[42]<\/a>Cf. L. FERRY, <em>La r\u00e9volution transhumaniste. Comment la technom\u00e9decine et l\u2019ub\u00e9risation du monde vont bouleverser nos vies<\/em>, Paris, Plon, 2016<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref43\" id=\"_ftn43\">[43]<\/a> M. KONATE, <em>L\u2019Afrique est-elle maudite&nbsp;?<\/em>, <em>Op. Cit.,<\/em> p.132.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref44\" id=\"_ftn44\">[44]<\/a> M. KONATE, <em>L\u2019Afrique est-elle maudite&nbsp;?<\/em>, <em>Op. Cit.,<\/em> p. 134.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref45\" id=\"_ftn45\">[45]<\/a> <em>Ibid.<\/em>, p.149<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref46\" id=\"_ftn46\">[46]<\/a> C. CHIZA BALWIRAMWAMI, \u00ab&nbsp;L\u2019Afrique \u00e0 la crois\u00e9e des chemins&nbsp;: Ubuntu et le d\u00e9fi de l\u2019autonomie Africaine&nbsp;\u00bb in <em>Chiedza Lighting Africa<\/em>, Vol. 18, N\u00b01, d\u00e9cembre 2015, p. 101.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref47\" id=\"_ftn47\">[47]<\/a> D. TUTU, <em>Pas d\u2019Avenir sans pardon<\/em>, Paris, Albin Michel, 2000, p. 23.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref48\" id=\"_ftn48\">[48]<\/a> C. CHIZA BALWIRAMWAMI, <em>Op. Cit<\/em>, p.102.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref49\" id=\"_ftn49\">[49]<\/a> <em>Ibid.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref50\" id=\"_ftn50\">[50]<\/a> <em>Ibid.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref51\" id=\"_ftn51\">[51]<\/a> E. BOULAGA, <em>La crise du muntu. Authenticit\u00e9 africaine et philosophie<\/em>, Paris, Pr\u00e9sence africaine, 1977, p.226.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref52\" id=\"_ftn52\">[52]<\/a> C. CHIZA BALWIRAMWAMI, <em>Op. cit., <\/em>p.104.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref53\" id=\"_ftn53\">[53]<\/a> S. KAUMBA LUFUNDA<em>, Comprendre Ubuntu. R.P. Placide Tempels et Mgr Desmond Tutu, sur une toile d\u2019araign\u00e9e<\/em>, Paris, L\u2019Harmathan, 2020, p. 26.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref54\" id=\"_ftn54\">[54]<\/a> C. CHIZA BALWIRAMWAMI, <em>Op. cit., <\/em>p. 104<em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref55\" id=\"_ftn55\">[55]<\/a> A. KABOU, <em>Et si l\u2019Afrique refusait le d\u00e9veloppement<\/em>, <em>Op. cit<\/em>, p. 208.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref56\" id=\"_ftn56\">[56]<\/a> C. CHIZA BALWIRAMWAMI, op. cit.,p.106.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref57\" id=\"_ftn57\">[57]<\/a> Cf. E. MVENG, <em>L\u2019Afrique dans l\u2019Eglise Parole d\u2019un croyant<\/em>, Paris, L\u2019Harmathan, 1985, p.211.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref58\" id=\"_ftn58\">[58]<\/a> Cf. R. DUMONT. <em>L\u2019Afrique Noire est mal partie<\/em>, Paris, Seuil, 1962, p.22.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref59\" id=\"_ftn59\">[59]<\/a> C. CHIZA BALWIRAMWAMI, <em>op. cit., <\/em>p.110.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref60\" id=\"_ftn60\">[60]<\/a> STANLAKE J.W.T SAMKANGE cit\u00e9 par CHIZA BALWIRAMWAMI Ciksu, <em>Op. cit.,<\/em> p. 110.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref61\" id=\"_ftn61\">[61]<\/a> Cf. N.&nbsp; MANDELA cit\u00e9 par <em>Ibid<\/em>., p. 112.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref62\" id=\"_ftn62\">[62]<\/a> <em>Ibid.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref63\" id=\"_ftn63\">[63]<\/a> <em>Ibid<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref64\" id=\"_ftn64\">[64]<\/a> A.K. WASWANDI NGOLIKO, <em>Anthologie de la philosophie africaine. Les proverbes Yira<\/em>, Tome 1, Le Caire, Edition Jemery, 2019, p.165-172<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref65\" id=\"_ftn65\">[65]<\/a> <a href=\"https:\/\/www.a4perspectives.com&nbsp;\u203a%20formez-armez-scienc...%20,%20visit\u00e9%20le%2026\/11\/2022%20\u00e0%2021h48%0d\">https:\/\/www.a4perspectives.com&nbsp;\u203a formez-armez-scienc&#8230; , visit\u00e9 le 26\/11\/2022 \u00e0 21h48<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref66\" id=\"_ftn66\">[66]<\/a> <a href=\"http:\/\/www.penseeagissante.blogspot.com\">www.penseeagissante.blogspot.com<\/a> visit\u00e9 le 23\/05\/2021 \u00e0 17h20<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Fiston MUMBERE LUSENGE \u00ab&nbsp;Pourquoi, riche comme elle est de cultures, de dynamismes, d\u2019in\u00e9puisables cr\u00e9ativit\u00e9s, de mati\u00e8res premi\u00e8res et d\u2019espace, pourquoi l\u2019Afrique tarde-t-elle tant \u00e0 entrer dans le d\u00e9veloppement ? 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